Des microbes bâtissent des « villes » sur le plastique océanique — les métagénomes révèlent la plastisphère

D'innombrables fragments de plastique dérivent dans les océans. À leur surface, bactéries, virus, champignons et algues forment un écosystème unique. Une équipe conjointe de l'UFZ et du GEOMAR a révélé les stratégies de survie de ce microcosme appelé la « plastisphère ».
Des génomes plus grands — stratégie pour survivre en mer oligotrophe
L'équipe a collecté des fragments de plastique dans les zones d'accumulation du Pacifique Nord et de l'Atlantique Nord et a séquencé les métagénomes des microbes. Les bactéries de la plastisphère possèdent des génomes plus grands et plus de copies de gènes que le plancton marin.
L'analyse d'environ 340 gènes fonctionnels clés a révélé des capacités renforcées en absorption de nutriments, utilisation de sources de carbone, défense UV et réparation du génome. Les microbes utilisent aussi la photosynthèse anoxygénique comme source d'énergie alternative.
Les micro-organismes du biofilm possèdent davantage de copies de gènes, leur permettant d'absorber efficacement les nutriments et de réparer rapidement les dommages au génome
— Dr Stefan Lips (UFZ, auteur principal)
Espèces différentes dans l'Atlantique et le Pacifique, mêmes fonctions
La composition en espèces bactériennes différait entre les plastisphères atlantique et pacifique, mais les groupes fonctionnellement importants étaient communs aux deux océans.
Ils ne dégraderont pas le plastique
Les microbes de la plastisphère produisent plus de biomasse que le plancton environnant, créant des « niches eutrophes » en plein océan oligotrophe. Mais ils utilisent le plastique comme habitat et non comme source de nutriments, donc ils n'aideront pas à l'éliminer.
Parce que les microbes utilisent le plastique comme habitat et non comme source de nutriments, il est peu probable qu'ils contribuent à l'élimination du plastique des océans
— Dr Erik Borchert (GEOMAR, co-auteur)
Note de l'auteur : L'image de microbes construisant leur propre « ville » sur des fragments de plastique est honnêtement un peu troublante.
Et au final, ils ne dégradent pas le plastique. Pour l'océan, ce sont des locataires indésirables.
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